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Une bonne histoire belge

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20 novembre 2020

Une bonne histoire belge

« J’ai moi-même du mal à définir comment c’est arrivé ». Mario Cordisco peine à expliquer comment lui, enfant de La Louvière en Belgique, est devenu supporter de l’OGC Nice il y a 17 ans. Rien ne prédestinait ce fan de football à tomber amoureux du Gym. Pas même les 10 personnalités belges passées par le club* et dont Mario retrace le parcours sur la Côte d’Azur à travers un livre, témoin de sa fièvre rouge et noir.

C’est une histoire de passion. Celle d’un homme originaire d’un village de Belgique, séparé par près de 800 kilomètres de Nice, et pourtant fervent supporter du Gym. Un club dont Mario Cordisco fut pris d’ivresse après avoir d’abord succombé aux charmes de la capitale du Comté : « Tout a commencé en 2003 avec une visite de Nice. En tant que passionné de football, je me suis renseigné sur le club de cette ville que j’ai tant aimée ». Le coup de foudre fut immédiat pour le Belge, happé par l’histoire, la mentalité niçoise et le Ray : « un stade incroyable » que Mario eut la chance de découvrir quelques années plus tard : « Je me souviens bien de ce Nice - Sochaux, un 0-0 bien peu emballant. »

Plus que le spectacle sur le terrain, il garde en mémoire une ferveur qu’il ne retrouva nulle part ailleurs : « Ce qui m’a fasciné, c’est l’ambiance et l’atmosphère de ce petit stade dans lequel on ressentait qu’il y avait une histoire ». À l’époque, les Aiglons s’appellent Marama Vahirua, Florent Balmont, Hugo Lloris, Ederson et ‘Pancho’ Abardonado : « Des joueurs avec une mentalité propre à Nice. Avec du recul cette équipe me laisse un merveilleux souvenir ».

17 ans après sa découverte du Gym, ce sont d’autres moments que Mario Cordisco couche sur le papier. Après avoir écrit son attachement pour la RAAL La Louvière, son autre club à la renaissance duquel il participe, c'est vers Nice qu’il se tourne.

Ce grand passionné est aujourd’hui à la rédaction d’un livre « Les diables du Gym » dans lequel il raconte ces Belges passés par l’OGC Nice. Un projet qui dit tout de son amour du club : « Ça fait longtemps que je voulais écrire sur Nice, et c’est un bon moyen de parler de ma passion au travers de ces personnalités qui ont porté ses couleurs. Elles ont toutes une histoire atypique dans laquelle on peut se reconnaître. Même si on se rend compte que peu de Belges ont marqué l’histoire du Gym, l’idée est de leur rendre hommage et de les mettre en avant. » À l’aide d’entretiens et de témoignages qu’il a menés, « avec les joueurs directement ou des anciens coéquipiers et des supporters pour ceux qui sont décédés », Mario retrace l’aventure en rouge et noir de ces footballeurs venus du plat pays. Au fil de la discussion, le nom d’un homme se glisse spontanément : « Rubenilson et la fameuse anecdote de son tir au but raté dont il se souvient encore très bien (Nice-Caen, 2-2, 4 tab à 5 en coupe de la Ligue le 11 décembre 1996). C’est celui qui a le parcours le plus atypique et c’est peut-être l’un de ceux qui a le moins marqué le club mais son récit et son personnage sont attachants. »

Mario Cordisco dresse aussi un parallèle entre tous ces parcours individuels : « Dans mes témoignages, je me suis rendu compte que tous ou presque sont arrivés au club à une époque où celui-ci n’était pas aussi stable qu'il l'est aujourd'hui. Ça ne les pas aidés, malgré le fait qu'ils étaient tous des joueurs talentueux. » 

Le destin rouge et noir d'un "Diable du Gym" laisse, plus que les autres, des regrets à l'écrivain-supporter : celui de Christian Brüls. « C’est dommage qu'il n'ait pas réussi plus que ça ici, parce que je pense que c’est celui qui avait le plus de potentiel. Malheureusement il n’a pas pu percer malgré de bonnes statistiques en début de saison (38 matchs, 4 buts et 6 passes décisives sur l’exercice) ». « Tintin » ne resta finalement qu’une saison au Gym. C’est plus que Michel Renquin, seul entraîneur belge à avoir dirigé le club (entre octobre 1997 et mars 1998) que Mario Cordisco a interrogé dans le cadre de son ouvrage. 

Mais pour le technicien, comme pour tous ces hommes rencontrés à l’occasion de l’élaboration de son livre, Mario Cordisco a ressenti qu’ils étaient « restés très marqués par leur passage à Nice ». Comme lui en somme, à jamais frappé par cette toute première visite de la plus belle ville du monde.

Michel Saad

* Gaston Plovie (1945-1946), Joseph Van Mol (1961-1967), Fernand Goyvaerts (1968-1971), Rubenilson (1996-1997), Piet Verschelde (1997-1998), Philippe Léonard (2003-2004), Roberto Bisconti (2004-2006), Christian Brüls (2013-2014) et Julien Vercauteren (2014-2016) ont porté les couleurs du Gym alors que Michel Renquin en a été l’entraîneur entre 1997 et 1998.